samedi 23 septembre 2017

Paysage du jour 35

 

 
la rue de l’ennui penché                     le plaisir à en sortir

les yeux fixés nulle part                     pour de faux c’est toujours

tout vacille                                          il y a comme une rivière

si doucement mais sûr                        de celles qu’on ne voit pas

les jours dans la rue                            écoulés des parfums

il n’y a que revoir                              dont plus rien ne passe

et dire des lèvres                                ou ne plus dire au silence

par la force des choses                       de venir il est là

le long du périphérique                      tout continue de parler

et le soir qui ne pense pas                  allume ses cigarettes

de loin                                                en loin




Phnom Penh, le White Building, par Jérémie Lusseau
 

jeudi 21 septembre 2017

La vie errante

Quelques rendez-vous dans les semaines à venir :



Jim Jarmusch, The Limits of Control

- le 12 octobre à Nîmes, pour une performance poétique en compagnie de Pascal Deleuze
http://salondemusique.synradio.fr/2017/09/11/bonjour-tout-le-monde/


- le 15 octobre à Sault (Vaucluse), dans le cadre des rencontres Figues (programme prochainement mis à jour), invité par Danièle Faugeras et Michel Foissier
http://legrandsault.com/vnements//rencontre-figues-2017-4me-rencontre


- les 2 et 3 novembre à Aarhus (Danemark), en compagnie de Sandrine Cnudde, entre autres à la Maison de la littérature
http://siteslc.dk/guillaume-boppe-sandrine-cnudde/

samedi 9 septembre 2017

Paysage du jour 34

 

 
le tour de l’étang                                 des années ce retour
                                                            plus tard

son approche lorsque                          sans arrêt reconnu tant
le soir              

passe en lui-même                              que rien ne peut vivre de
                                                            son inconnu

pour prendre                                       qu’un souvenir un
quelque part                                        tas d’images
                                                             
ce rendez-vous                                    qui s’écroule dans
qui pour toujours                                lequel s’allonge

lui tiendra chaud                                et cherche l’ombre allongée

pour se dire y revenir                         nage regarde sans respirer

sans autre repart                                 tout est ouvert dans
                                                            l’obscurité

de quoi d’autre possible                     de quel droit ambigu
revient                                                 ce qui clôt



David Hepher, 1974

jeudi 7 septembre 2017

Paysage du jour 33




à cet étage on se confond                    la cheminée des siècles
                                                            à ses pieds la vodka

en-dessous la ville                              si peu mais elle arrive
ne l'attend pas                                     elle descend ses pas

dans la cage d'escalier                        au milieu du boulevard
et la rue                                               le long du fleuve

s'enfuient dans l'eau                            cette eau en tout noyée
des lumières                                        de formes de chaleur

de cris de mots                                    ses pas ne s'arrêtent pas

pour autant il y a quelque part            le bruit incessant

rythmé deux jambes                            mécanique vie bras
                                                             autour

la cigarette la bouteille                        derrière le rideau ouvert
les lèvres sèches

ce rien insipide aux années                 ce qui ne regarde pas
                                                            qui garde sa forme d'à présent

on est revenu là ou là                          un autre jour on ne sait pas
haut ou bas

rien ne se voit plus                              le présent mort pour cela




lundi 28 août 2017

Paysage du jour 32




le chemin vers le refuge
la caillasse qui s'éclaire
au rythme des pas le gravier
des haleines retenues poitrines
et regards tout se tend
cherche un caillot de mémoire
pour dans les jambes l'oubli
devant chacun la colline et le dos
qui se dressent et retombent
quel est ce bateau dans la rosée
de ce qu'il en reste les arbres
les mains sur les oreilles certains avancent



Andreï Tarkovski, Le Miroir

dimanche 27 août 2017

Paysage du jour 31



 
Au bout de la faculté
les murs se resserrent
et disparaissent dans le dos
comme un visage ou au moins un regard

qui marche ne se retournera plus
d’entrer dans le bois il s’agit à présent
d’y porter ses bras en avant

vies dans la ville engrangées
dans quelles feuilles sont écrasées

On parle souvent de cet enfant perdu
que la forêt a mis dans ses cornes,
tout avalé sans avoir vécu

peu connaissant qui pourtant avait dit
qu’au creux de la ville il n’y avait
rien à voir au bout de la faculté
plus précisément



Oeuvre de Stéphane Mandelbaum

vendredi 25 août 2017

Paysage du jour 30




La lampe bouge comme une plante
Le plafond rapetisse beaucoup
      ces derniers temps
il n'y a pas de jardin
      là-bas un type
tape sur sa voiture au bout
      d'un moment rien
ne se passe les disques
      et la platine à côté
les écouter c'est du passé
les écouter vraiment
      les yeux dans les sillons
pour voir ailleurs c'était l'évidence
      même c'est une formule
oubliée qui ne fait pas le poids
Tant de choses à présent
      qui ne voient pas
le souffle manque et on est introuvables
dans la jungle comme morts
      statues entre les arbres
La lampe bouge ou ne bouge plus d'ailleurs
Le plafond tout petit envahit dehors
      avec toutes sortes de lumières
pendues aux murs il faudrait les éteindre
et s'asseoir en dessous
      ne plus rien être mais
rien ne se passe comme ça et tout reste allumé
      Le plafond tout en lignes
porte la lampe comme un joyau




Oeuvre : Berlinde de Bruyckere