jeudi 25 mai 2017

Paysage du jour 20




Là où tout ne disparaît,
en façades le verre
du double vitrage contient tant de noms
qu'il est obligé de tout laver,
de se séparer, pour porter en lui,
chair dans un manteau,
des existences et des éclats
qui leur viennent et qu'elles abandonnent.

Dans la rue l'ombre vient
et monte, main ouverte.
Là où tout ne disparaît
le verre contient tant de noms.


David Hepher, Camberwell nocturne, 1984


Paysage du jour 19




Les taches le long des bras
sont la fenêtre ouverte la nuit
pour laisser le froid entrer.
Le matin le soleil brûle la table
où les coudes se sont posés
pour partir sans y penser,
pour revenir, durs et tièdes.

Les bras sur la table devraient rester là
et se rappeler la nuit froide,
muette et sans taches,
mais ils ne le peuvent pas :
ils restent là, oui, ailleurs.


Mark Rothko, Untitled, 1964

samedi 20 mai 2017

Paysage du jour 18




Les ventaux de la ville,
sur le versant de l'air froid,
dans le vallon de ronces
le manteau sans corps de la forme,
qui est là, ne guette pas
mais sans voir, regarde.

De quel vieux quartier s'agit-il,
ou dans quelle chair alourdie
se prononcent les pas,
comme un humus au refus de parler
sous les arcs échancrés de bois sombre,
ce qui pousse son haleine repart de loin.

Vraiment on ne mérite pas grand-chose
de ces souffles redits,
alors qu'on passe sans la deviner la porte,
les murs s'allongent et ce qui peut dedans
tenir apparence et se servir de rigueur
ne porte pas plus de nom que d'ombre
et survole tout à l'intérieur des bruits.

Sans même fuir pouvoir on appréhende
l'armure de la ville et dans ses veines
l'encombrant réseau logé dans la chaleur,
et ce jardin dans ce cloître
a beau battre, il ne parle pas
tandis qu'au-dehors ne se sent
rien, ni ce qui passe ni disparait.
On regarde, on nous regarde,
il se peut, mais à genoux, à hauteur d'herbe,
il n'y a qu'à suivre la carapace
de cette peau artificielle dont tout est fait
pour espérer, continuer, nul savoir.





mardi 4 avril 2017

Paysage du jour 17





L’ombre est partout en surface,
partout où chacun est là,
où nul dans la lumière ne se cache.

C’est pour cela que certains descendent
là où la lumière est figée dans les murs,
où à part les murs le chemin est tout noir,
ce qui permet de parler sans visage
ou de ne plus souffler mot
et de sentir enfin l’haleine sèche du temps
creuser toujours plus entre les pierres luisantes
cet espace calme où on n'a plus rien à se dire.





Cinémiam !





Le 11 avril,
le 23 mai,
le 13 juin,
Marjory Salles et moi-même, nous serons au Zo, à Nîmes, pour vous présenter trois films qui nous font trembler. Et nous vous y attendrons.


Les détails, par ici :
http://www.zoanima.fr/event/details/cinemiam-marjory-salles-guillaume-boppe/













Juryste !



J'ai l'honneur d'être membre du jury du prix Bernard Vargaftig.


Ci-dessous l'appel à texte.

A vos plumes, comme on disait au XXème siècle !



Prix Bernard Vargaftig,

Appel à texte.

L’Association Prix Bernard Vargaftig doit son nom au poète ayant tissé une des oeuvres les plus fortes de ces dernières décennies et qui a toujours eu à coeur d’« offrir des pages à de jeunes poètes qui ont tellement de mal à publier et si peu de lieu pour le faire».

Le Prix Bernard Vargaftig a pour objectif de faire découvrir la poésie d’un auteur n’ayant pas été publié en tant que poète (hors revue et ouvrage collectif). Il sera décerné tous les deux ans et donnera lieu à la publication du manuscrit lauréat chez un éditeur, les éditions Jacques Brémond pour cette première édition.

Le Prix Bernard Vargaftig se veut donc à la fois un hommage à un poète cher à beaucoup d’entre nous et un lieu de découverte d’une jeune écriture, pour que le poème « continue à faire exploser vers l’avenir la charge de mémoire et de présent », selon les mots de Bernard Vargaftig luimême.


Pour concourir vous devez envoyer avant le 15 juin 2017 un manuscrit en format papier et format numérique :

- par la poste : en 3 exemplaires format A4, de 40 pages numérotées. Le manuscrit sera anonyme (aucune mention de l’auteur sur les pages du manuscrit), accompagné d’une feuille volante mentionnant le nom, l’adresse, le numéro de téléphone et le mail de l’auteur, ainsi qu’une courte notice biographique et éventuellement des références de pages web.

- par mail : en pièce jointe, format pdf, accompagnée des informations administratives et de la notice biographique de l’auteur.



Les documents sont à envoyer aux adresses suivantes :

- postale : Association Prix Bernard Vargaftig, BP 31014, 30201 Bagnols-sur-Cèze.

- mail : prixvargaftig@gmail.com




Tout envoi hors délai ou ne respectant pas l’une des consignes ne sera pas pris en compte.

Le Prix sera décerné au mois de décembre 2017.



Les membres du jury final sont :
- Guillaume Boppe (poète)
- Michaël Glück (poète)
- Cédric Le Penven (poète)
- Bruno Michel (responsable de médiathèque)
- Anne Morin (lectrice de poésie)
- Claire Poulain Cuénot (poète et éditrice)
- Hélène Sanguinetti (poète)
- Anne-Laure Tristant (libraire)
- Franck Villain (universitaire)


Pour tout renseignement vous pouvez nous joindre à prixvargaftig@gmail.com





L’Association Prix Bernard Vargaftig, mars 2017.

Soutenez l’association : adhésion 10, chèque libellé à : Association Prix Bernard Vargaftig.