mardi 4 avril 2017

Paysage du jour 17





L’ombre est partout en surface,
partout où chacun est là,
où nul dans la lumière ne se cache.

C’est pour cela que certains descendent
là où la lumière est figée dans les murs,
où à part les murs le chemin est tout noir,
ce qui permet de parler sans visage
ou de ne plus souffler mot
et de sentir enfin l’haleine sèche du temps
creuser toujours plus entre les pierres luisantes
cet espace calme où on n'a plus rien à se dire.





Cinémiam !





Le 11 avril,
le 23 mai,
le 13 juin,
Marjory Salles et moi-même, nous serons au Zo, à Nîmes, pour vous présenter trois films qui nous font trembler. Et nous vous y attendrons.


Les détails, par ici :
http://www.zoanima.fr/event/details/cinemiam-marion-chabert-2/













Juryste !



J'ai l'honneur d'être membre du jury du prix Bernard Vargaftig.


Ci-dessous l'appel à texte.

A vos plumes, comme on disait au XXème siècle !



Prix Bernard Vargaftig,

Appel à texte.

L’Association Prix Bernard Vargaftig doit son nom au poète ayant tissé une des oeuvres les plus fortes de ces dernières décennies et qui a toujours eu à coeur d’« offrir des pages à de jeunes poètes qui ont tellement de mal à publier et si peu de lieu pour le faire».

Le Prix Bernard Vargaftig a pour objectif de faire découvrir la poésie d’un auteur n’ayant pas été publié en tant que poète (hors revue et ouvrage collectif). Il sera décerné tous les deux ans et donnera lieu à la publication du manuscrit lauréat chez un éditeur, les éditions Jacques Brémond pour cette première édition.

Le Prix Bernard Vargaftig se veut donc à la fois un hommage à un poète cher à beaucoup d’entre nous et un lieu de découverte d’une jeune écriture, pour que le poème « continue à faire exploser vers l’avenir la charge de mémoire et de présent », selon les mots de Bernard Vargaftig luimême.


Pour concourir vous devez envoyer avant le 15 juin 2017 un manuscrit en format papier et format numérique :

- par la poste : en 3 exemplaires format A4, de 40 pages numérotées. Le manuscrit sera anonyme (aucune mention de l’auteur sur les pages du manuscrit), accompagné d’une feuille volante mentionnant le nom, l’adresse, le numéro de téléphone et le mail de l’auteur, ainsi qu’une courte notice biographique et éventuellement des références de pages web.

- par mail : en pièce jointe, format pdf, accompagnée des informations administratives et de la notice biographique de l’auteur.



Les documents sont à envoyer aux adresses suivantes :

- postale : Association Prix Bernard Vargaftig, BP 31014, 30201 Bagnols-sur-Cèze.

- mail : prixvargaftig@gmail.com




Tout envoi hors délai ou ne respectant pas l’une des consignes ne sera pas pris en compte.

Le Prix sera décerné au mois de décembre 2017.



Les membres du jury final sont :
- Guillaume Boppe (poète)
- Michaël Glück (poète)
- Cédric Le Penven (poète)
- Bruno Michel (responsable de médiathèque)
- Anne Morin (lectrice de poésie)
- Claire Poulain Cuénot (poète et éditrice)
- Hélène Sanguinetti (poète)
- Anne-Laure Tristant (libraire)
- Franck Villain (universitaire)


Pour tout renseignement vous pouvez nous joindre à prixvargaftig@gmail.com





L’Association Prix Bernard Vargaftig, mars 2017.

Soutenez l’association : adhésion 10, chèque libellé à : Association Prix Bernard Vargaftig.

mercredi 22 mars 2017

Paysage du jour 16





Comme des serpents raides,
en plein soleil les icebergs
étirés, sans souffle et leurs paupières
qui tombent au ras de l’eau.

Droit au-dessus d’eux : le port,
son ombre et au-dedans
ces bruits qui meurent et sont là.

Des filaments d’air gris,
de brouillard et de voiles,
à qui des rangées de statues tendent les bras
pour les déposer, bandelettes, sur les pavés.

Le fleuve se noie dans les ponts,
leurs pieds qui tiennent
les corps gras des hangars et des docks.

Quant aux bateaux qui pourrissent là-bas,
dans l’estuaire et sous la rouille,
leur température est impossible à déterminer.

Droit au-dessus d’eux : le port,
son ombre et au-dedans.



George Ault : Sullivan Street, Abstraction



Paysage du jour 15





Sur la route entre les arbres, les bandes blanches
le dépassent, klaxonnent pour effrayer les bêtes.

Leurs yeux luisent, fourrures ou écailles,
leurs voix sont aigues : ce sont des murènes.

Dans ce véhicule il n’y a jamais qu’un passager.


Un souffle sous la montagne :
un de ces squales qui nagent dans les pierres.

La forêt clignote à la manière des yeux,
des oiseaux piquent la cime des arbres.

Il regarde la route, il ne dit pas un mot.
Dans ce véhicule il n’y a jamais qu’un passager.



George Ault : "Daylight at Russell's Corners"

mardi 14 mars 2017

Paysage du jour 14





Certains repartent plus que dans la nostalgie,
dans une peine bâtie de là
qui a grandi pour leur miner le cou,
les faire tendre vers le sol et plus loin encore,
vers le bitume doré de froid, d'électricité,
le bitume qui n'est pas le même que là-bas,
qui n'a pas le même raffut autour,
de cris, de klaxons, de murmures
cachés dans les arbres bandés de tissus.

A chaque bout de la rue aux lézardes les voix
de ce pays qui vole leurs noms à tous les autres.

Au gré des quais les marchandes de fleurs,
au travers des sourires et des corps,
regardent l'autre rive du fleuve,
regardent les autres
marchandes de fleurs.





dimanche 12 mars 2017

Paysage du jour 13





Certains écoutent la météo des océans.

Son heure leur tombe dessus
et la ville tremble comme
au retour d’un bateau derrière
les photos, les portraits
morts en cascades sous les affiches.

Les frontières grandissent
tant que leurs appartements
se blottissent dans le silence
et dans la voix, seule.

Dans cette haleine nue
comme sous l’eau personne
vraiment ne vit (peut-être dans l’écume).

Près de la table la radio
leur parle de ce pays sans fin
qui leur tombe dessus,
à l’heure sans latitude, atone et sûre
d’elle, de tourbillons dans la voix
seule, cette haleine nue.

Certains écoutent la météo des océans.