vendredi 21 février 2014

Considérations actuelles




En mars vont paraître
un de mes textes dans la revue L'Assaut, http://www.atieditions.com/revue-lassaut
et des poèmes inédits dans un ouvrage collectif intitulé Maintenir maintenant.
Et d'ici la fin du printemps mon nouveau livre chez Propos2, Toi.
Mais restez dans les parages et vous ne manquerez pas d'avoir de plus amples informations très bientôt !

délivré des regards...




délivré des regards
déserté par les cartes

sa voix fait
se chiffonner les murs

la ville se creuse
de vagues et de bâillements

les voitures tendent leurs bras
de quel côté
entrer dans les boutiques

à cette heure qui voudrait
y entrer
ni trop tard ni trop tôt
c'est un temps introuvable

devant la banque un chien se noie
ou un bus
d'ici on ne voit
que mal

il y a le cœur
sur son front la pluie
ses joues tatouées de gris
des maisons les larmes
et sur ses lèvres deux haleines

le souffle de la terre
le murmure des angles morts

devant leurs visages leurs doigts...




devant leurs visages leurs doigts
s'éloignent les grilles du jardin

l'une à l'autre se collent
regardent passer les voitures

dans le jardin ont mis
dans leurs poches un peu
de gravier de la ville

peut-être le fruit d'une guerre
contours noirs de ses grains

elles ont raclé le sol
nourri leurs manteaux
de petits cailloux bordés de nuit

des animaux remontaient les allées
échappés des bassins
frottaient leurs écailles aux troncs des chênes
et des platanes
y accrochaient leurs plumes

les arbres se penchaient sur elles
sans craindre l'ombre ni le froid
à la manière des souvenirs

elles ont gratté la poussière
leurs ongles en ont
débordé

passé les portes
les petits cailloux
de leur peau à leurs poches
déjà les ensablent

de quelle manière la rue...




de quelle manière la rue
prend son coude
sous le sien
l'emmène au loin

elle la sent vivre sous son corps
quand elle dort

le reste ne lui parle pas
le tout petit
qui tient au creux de sa main
qui s'écoule de son poing

un instant lui fait signe
au-delà la brume
racole

un instant où ne se perd pas
le sourire
où un visage se creuse
se plisse
complexe
pour elle


le jour va revenir...




le jour va revenir
les portes s'ouvrir
hommes et femmes reprendre
les chemins oubliés
du soir

elle ne veut que le souffle
des nuages tombés si bas

l'air s'en frotte les mains
d'ouate et de gris

le boulevard périphérique
creuse la ville
ses voitures surplombent
celles qui sombrent
dans le coude

de l'autre côté les gens
s'entassent et des bêtes
vivent les bars
et des guerres parfois
éclatent

au coin de la place
où mènent ses pas
la ligne descendante
que suivent les tramways
vers autre chose