lundi 31 mars 2014

Il ne pourra plus prendre le chemin du jardin...

Il ne pourra plus prendre le chemin du jardin, ni par la suite s'en détourner, parce que le chemin lui-même n'est plus connu de lui. S'agit-il de l'oubli ? Son esprit se lézarde, il le sait. Mais n'est-ce pas plutôt le renoncement ? Il sait aussi qu'il n'est pas besoin de se penser amnésique pour mettre un terme à certains souvenirs. Ce n'est même pas la peine de se perdre pour se rendre compte qu'on ne connaît plus un chemin familier. Il suffit de lui tourner le dos.

mardi 25 mars 2014

A marcher...



A marcher, revoir comment le vieux ministère n'était plus qu'une coquille vide, débordante de ronces et de poussières. A deux pas ou à peine plus du palais royal. A marcher, poser des yeux vagues, des yeux nonchalants, sur les chemises et sur les manteaux tenus droits sur des portants, sous une pluie toujours naissante, jamais finie. La place du jeu de balle n'a sans doute pas bougé, tous les ans il se le disait, y retournait. Marcher. A retourner, à marcher, il a déchiré des années de mémoire, il a perdu son temps. Il n'en tire aucune fierté, les heures passées à se perdre ne sont pas riches. Pas pauvres non plus, mais elles n'ont rien à donner.
La ville était le moment de cette perte. Cet instant qu'elle avait attendu pour s'étendre sur le sol. Briller pour attirer ses pas. Pour qu'en elle il ne voit plus que des vacillements, des soupirs. De l'ivresse à chaque tournant, et nulle fin aux rues. S'il voulait, la ville l'attendait encore même au-delà de ses limites, là où on parlait de campagne mais où les parkings et les traces dans la boue balisaient tout cadrage.
Il était photographe, de souvenirs peut-être simplement, mais photographe.


samedi 8 mars 2014

elle sort de la gare...



 
elle sort de la gare
dans le silence des trains partis

là-bas le bois de vingt ans
son aînée la nuit

toujours moins forte
et toujours fidèle

elle descend s'approche
de la maison pale
des rides raidies

peur de ce jardin
de pierres gravées
vierge de tout corps
carié pourtant

elle descend
vers le fleuve la rue
elle croise tout son monde

sous un pont une péniche
assoupie grise et velue
au-dessus glissent des voitures
ou des cris

une vague s'est levée
un peu d'écume caresse
le quai
un peu d'écume lui dit
l'attendre

les étangs vont loin...

 


les étangs vont loin
coupés d'immeubles
malgré tout pas de fond
sous les reflets
les étangs sont longs



jeudi 6 mars 2014

dans le jardin ont mis...




dans le jardin ont mis
dans leurs poches un peu
de gravier de la ville

peut-être le fruit d'une guerre
contours noirs de ses grains

elles ont raclé le sol
nourri leurs manteaux
de petits cailloux bordés de nuit

des animaux remontaient les allées
échappés des bassins
frottaient leurs écailles aux troncs des chênes
et des platanes
y accrochaient leurs plumes

les arbres se penchaient sur elles
sans craindre l'ombre ni le froid
à la manière des souvenirs

elles ont gratté la poussière
leurs ongles en ont
débordé

passé les portes
les petits cailloux
de leur peau à leurs poches
déjà les ensablent

Maintenir maintenant

Et voici le Maintenir maintenant !

Si vous êtes de passage près de Grenoble le 21 mars...
Mais toutes les infos sur le site des machines :
http://lesmachines.over-blog.com/article-maintenir-maintenant-365-122839045.html