jeudi 20 novembre 2014

Ile-de-France




Ile-de-France


comme cette obscurité
sans nom qu'on nomme nuit
sans odeur qu'on appelle humus
te dire te penser
n'a pas de méthode
ni fin
tu es la rigole
trop tôt
sans rien comprendre
de toi
t'observer occupe
le temps
fou de lui-même

Killeany




Killeany


la peur a la voix du vent
qui s'en vient va revenir
c'est pour ça que la voix
a peur
en deux creusées
les vertèbres du chat
au pied de la chapelle
en ruine du muret
enfin c'est la terre des naufragés
que veut-on de plus
ou de moins la voix
est peur

Palerme




Palerme


les chiens reflètent la mer
partout qui remonte
les rues déchaussées
de bombes l'oubli
n'existe pas témoins
couchés dans la rue
qui nous dévisagent
fiers sans un regard

mardi 4 novembre 2014

les porches ornés de drapeaux...




les porches ornés de drapeaux
teints de feuilles fanées
de sable blanc mêlés

la haie de pierre
derrière cette maison
dont on parlait autrefois
par laquelle on pouvait
entrer au loin

comme les jours les ombres
s'allongent maigrissent
entre les dalles de ciment

l'air avale chacun des pas
qu'on ne sait compter
le bout de la rue surprend
immanquablement

une ville dont on voudrait se faire un voile...




une ville dont on voudrait se faire un voile

un dimanche sans but
sauf sa dernière lumière venue

les cheveux des toits...




les cheveux des toits
cette impasse pauvre

perdues les boutiques
tirent la langue
d'une autre terre

souterrain déjà trop venu
le mur au-dessus
le long des meulières
fait de l'ombre

avenue de la couronne...




avenue de la couronne
les premières rues
du quartier
humbles la nuit
pauvres de mots

les briques aux immeubles
orangées sous les phares

les fenêtres nues
devant les places

ruisseau pauvre de voitures
parcheminé sans hâte
avant de s'enfuir

les bras des ombres
au plus chaud
au plus lointain
leurs regards

dimanche en fin
toujours une nuit
enneigée

les doigts croisés
filtre en déshérence
recroquevillées
les mains la couronne

le rêve de se perdre
photographe
et chambre noire

là où se peut...




là où se peut
les pieds se posent

le sol se gonfle est debout
ne sait plus marcher
les yeux baissés rougis
ici les poussières s'en viennent
avec la lumière

des coups montent de sous la ville
n'est qu'un bouton

piquant les joues les quais alignés
comme dans une grande gare
de province ou d'ailleurs

tous ceux connus
battent le sol
et leurs pieds malmenés

au-delà des quais un mur
un nom répété
blanc sur fond bleu
un nom de départ

vers elles quelques paumes
levées quelques sourires
grimaces à cause
de la distance

nul ne s'en ira
avant qu'un métro ne vienne

avant de s'enfoncer...




avant de s'enfoncer
dans la bouche du métro
les lumières patinent
sur de longs étangs

elles raclent de la gorge
tirent les cheveux
tandis qu'observe
à l'entrée le souterrain
tandis que la peur
rejoint

titubante éternité
que refusent là-haut
les lumières d'approcher
pas plus que du crâne
si hurlant que muet

les étangs vont loin
coupés d'immeubles
malgré tout pas de fond
sous les reflets les étangs sont longs

il existe des vies...

 


il existe des vies
parallèles à la vie

des vies invisibles et pourtant siennes

des vies d'autres manières
des vies mal nées
car glissées hors des cartes

jamais n'aurait été
si les avait refusées