lundi 28 décembre 2015

Propagande 2





In memoriam Mao Zedong



8)
Enquête sur ce qui est réel, afin de ne plus croire en ce qui n’existe pas.
Crois en ce qui est réel, afin de ne plus enquêter en ce qui n’existe pas.
Existe sur ce qui est réel, afin de ne plus enquêter en ce qui ne croit pas.
Réalise sur ce qui existe, afin de ne plus croire en ce qui n’enquête pas.

12)
Change tes sentiments et tes pensées, afin que tes œuvres soient comprises par tous.
Change tes œuvres et tes pensées, afin que tous soient compris par tes sentiments.
Change tes pensées et tous, afin que tes œuvres soient comprises par tes sentiments.
Change tous et tes oeuvres, afin que tes sentiments soient compris par tes pensées.

Propagande





In memoriam Enver Hoxha




1)
Vois, ne sois pas aveugle.
Sois, ne vois pas aveugle.
Aveugle ne vois pas, sois.
Aveugle ne sois pas, vois.

2)
Vois et dis tout.
Dis et vois tout.
Tout voit et dit.
Tout dit et voit.

3)
Dis tout sinon tu trahis.
Dis sinon tout tu trahis.
Trahis sinon tout tu dis.
Trahis tout sinon tu dis.

dimanche 27 décembre 2015

qu'est-ce que la salive qui n'est pas demandée





qu'est-ce que la salive qui n'est pas demandée
se dit la maison
où les instants
jour plus jour
se demandent

la question rouge
guette l'alerte
grise la question
se tient la vie

serrée contre les hanches
d'une autre bouche
d'une mémoire autre

dans la maison vit la salive
entêtante plus 
que ses pareilles neuves 
et déjà désertées

c'est la salive 
qui n'est pas demandée

jeudi 24 décembre 2015

En routes

Sur le site de l'association Féroce Marquise et du festival Expoésie, un de mes textes : "La route de Ninh Binh".
Toute aussi belle, la route de Périgueux, au bout de laquelle on se retrouvera donc début mars...
Le programme, c'est par ici !





 
 

dimanche 13 décembre 2015

qu'est-ce qu'un matériel de plongée adéquat




qu'est-ce qu'un matériel de plongée adéquat
pour les rochers les vagues scélérates
les yeux qui passent les cartes les greniers
pour tous les temps précieux

qu'est-ce qu'un matériel de plongée adéquat
des rochers des vagues scélérates
des yeux qui passent des cartes des greniers
pour tous un temps précieux

mardi 8 décembre 2015

qu'est-ce que l'océan





Pour Tony Duvert et nous autres, 
pour les petits métiers, sans malice mais grande perte



qu'est-ce que l'océan
ce cordonnier malade
sa vision des deux rives
et son lacet inconnu

avec une falaise cet enfant du pays
fait un rêve

ça lui vient d'après ce qui lui vient

ça dévore ses cheveux son front
comme au vent

l'océan voudrait monter
lui laisser dire qu'il y a encore des jours

mais il faut plus de silence trop de silence
pour le cordonnier malade
le vrai silence
pour travailler sans se perdre
pour travailler et se perdre

lundi 30 novembre 2015

qu'est-ce que l'offense




qu'est-ce que l'offense
et qu'est-ce que la peau serrée

entre deux mains des dents grises
sous l'église on poussait des cailloux
la vie en face c'est
comme les cimetières
même petit ça n'a pas de fin

depuis on crache aux fantômes
ce que leurs doigts veulent
la malédiction la gorge rouge

qu'est-ce que l'offense
commencée depuis toujours
j'ai pris une brique
l'ai glissée dans tes yeux
et suis parti boire

aux maîtres les dents grises
à moi sous la pluie
les miennes brillent


Thanks to Paddy : http://paddys-wagon.blogspot.fr/

vendredi 27 novembre 2015

qu'est-ce qu'appartenir





qu'est-ce qu'appartenir
sans être la route un pays
sans être descend la colline

sans être ce pays n'est pas
sans être on croise des pas pourtant

de ces pieds on a fait de la terre
ces pieds sont là comme la terre s'effondre
d'un point à l'autre voir c'est ramper

mais rien n'appartient que l'horizon
sous les yeux c'est comme tomber
la boue mange et le seul bruit
c'est tomber sans être au loin tomber

jeudi 26 novembre 2015

qu’est-ce que les vagues recouvrent






qu’est-ce que les vagues recouvrent

de la voiture ils sont descendus
pour aller voir se glisser dans l’eau
ne plus sentir le ciel

il n’y avait rien ici
le temps jouait
à se faire peur solitaire
mais ils sont arrivés après avoir été là

venus retrouver leur plage inconnue
partis dans le courant sceller leurs images

ce que les vagues recouvrent
ils n’en ont jamais rien su
et tout le monde le sait

ce qui recouvre les vagues
n’aura rien été
que leur regard

mercredi 25 novembre 2015

qu’est-ce que les stands morts de Clignancourt






qu’est-ce que les stands morts de Clignancourt
se porter comme un escalier vivant
et immobile en même temps ne rien voir
que des flashs d’après-midi tordus
où la pluie cerveau
hébété sur la ville

devant les stands morts de Clignancourt
une ombre ou deux et surtout des panneaux
avec des prix et puis juste
après les joueurs à la sauvette

l’argent est la mémoire des jours qui n’en ont pas
comme la chance fantôme et vouloir être ailleurs
et être toujours là

mercredi 11 novembre 2015

qu'est-ce que cette ville sans bruit





qu’est-ce que cette ville sans bruit
celle qui n’a plus de murs
parle en mots ensablés de l’eau
ses buildings s’ignorent
les uns les autres on voit des pasteurs
sortir et ne jamais entrer nulle part

on dit qu’en d’autres noms
on a vendu la ville
à ce cercueil pris dans la musique
ou à tout autre enfant qui remontait le fleuve

on dit des choses contre le vent
un exorcisme qui s’en va
seul ce cœur muet myope timide
penché sur les canaux
reste là pour le dire

qu'est-ce qu'une ligne aveugle





qu’est-ce qu’une ligne aveugle
qui sort du tunnel et regarde sans se voir
des collines cachées et des murs si noirs
les forêts comme les rats fondent le paysage

aveugle car vraiment rien ne se distingue
pour tout le monde après tout
des côtes et des poumons de la ville
des rivages et des volcans

on passe et dans la forêt se trouve une ligne
une autre qui voit qu'on ne verra jamais

lundi 9 novembre 2015

qu'est-ce qu'une voix qu'on entend toujours





qu’est-ce qu’une voix qu’on entend toujours
si ce n’est une lumière c’est un poing serré

se ravir au jour se fait entre les deux yeux
sous les actions conjuguées du bruit et du silence

inlassables et le souvenir a beau se déchirer
des pas se posent sur le sol et des clous

sur la route se reflète comme une forêt
qui ne dit pas la vérité mais parle et parlera sans cesse

samedi 7 novembre 2015

qu'est-ce que vouloir





qu’est-ce que vouloir
cette mémoire se plie en deux
comme il y a beaucoup d’ombres
on ne sait pas où est le miroir

pourtant sous le chemin le fleuve
qui sort de son lit que nul ne voit

caché par la terre ce qui doit partir s’en va
il doit exister un phare là-bas

avant de goûter l’océan
le fleuve s'allongera sous la lampe

mercredi 4 novembre 2015

qu'est-ce que regretter





qu’est-ce que regretter
c’est un autre monde qui n’a jamais eu cours

à peine née la rougeur dans les veines
comme gâchée par des gestes oubliés
avant même d’être vécus

mais les voix partent elles sont là mais se cachent
juste on les entrevoit comme des vies antérieures
pourtant elles sont de ce monde elles ne sont pas loin

de ce monde qui a toujours été autre
de ce monde qui n'a jamais eu cours

mardi 27 octobre 2015

L'eau





L’eau


il y a ce fleuve
qui longe le barrage
et reflète boire les bêtes
sous le crachin droit d’un avion

vertical dans le ciel
le vertige trop net
le vertige sans couleur
qui n’est pas un vertige
qui est un rêve
comme on dit parce qu’on ne sait rien

*
**

il y a dans les yeux
le regard aux bords déchirés
la toile demain ce verre bu
et le miroir ne recule jamais

quand il faut partir
dans la baignoire les heures
portent leurs couleurs éparses
leur plumage sans vie pourtant
le mur ne voit pas autrement

*
**

il y a le poumon dur
le soupir dans les côtes
et le bain trop mal pris
il y a revoir des rochers
le tremblement des galets

mais ce n’est pas l’incendie
qui se tend devant les joues
qu’on revoit ce n’est qu’un orphelin
c’est très froid partout
c’est la plupart du sol
les jambes salement inattendues


*
**

il y a quand même un ou deux deltas
et ces îles qui sont des milliers

il faut s’attendre à remonter
l’écume comme si fantômes les villages
brillaient dans un coeur mort

la forêt n’existera plus
et c’est comme une eau folle
que fatigue déjà la folie

elle partira  voir ailleurs
quels mots parlent sous leurs peaux
invisibles qui pointent du  regard
les bêtes aux yeux clos du fleuve

samedi 17 octobre 2015

Stèle (extrait)






sans fenêtres ni portes ni murs leur maison
là où ils lui ont fait savoir qu’elle s’endormait

puis dans leur montagne elle a pris plaisir
pour la première fois au gout de la poussière

tout est sable ici comme si un fleuve
au mince corps jaune l’attendait en bas

les bêtes viennent voir le travail des frères
ils creusent la montagne et la remplissent de temps mort

quant à elle elle se laisse fondre
en deux comme la stèle qu’elle est devenue

elle refuse de croire ceux qui ne la voient pas
elle est chaque mot de la forêt comme elle est chaque rue

samedi 10 octobre 2015

La ville vidée (extrait 3)





sous les pierres les visages poussent trop tard
pour avoir d'autres noms il leur faudra attendre

mais des bouches tomberont la ville se creusera
et pour cela poussent les visages mais patientent

sa peau blanchie pourtant la brûle
à son front le lit frappe ses joues tendues

on n'a pas voulu son âme bijou sans vie
nul bijou ne vient tous brillent malgré tout

vendredi 9 octobre 2015

La ville vidée (extrait 2)





rouler le long du fleuve la promenade
en forme de démon ou bien d'esprit errant
dans le manteau d'été ses doigts glissent tièdes
aux aguets de petites flammes et de la jungle proche

*
**

dans sa maison en feu elle parle aux lézards
ses mots caressent les murs comme forêts

puis dans le jardin creusé une main s'élève
et droits passent les visages

ils ne la voient pas alors pourquoi part-elle
comme si sa peau savait le tour du temps

leurs souffles froids sa nuque plus trouble
sur leurs yeux une buée sans tain une haleine

vendredi 2 octobre 2015

La ville vidée (extrait 1)





dans la voiture elle a rejoint ses jambes
et derrière le volant juste l'obscurité

dans sa gorge l’écharpe s’entremêle
a son côté une doublure

celle qui monte avec elle
là où les rues allongent leurs manches

là où l'encens jaunit les fissures
où tout s’attend mais ne sait plus vouloir

l'avenue ne brille qu'en vitrines
et sous leur verre cassé de pauvres bêtes se réjouissent

bruits de pas aveugles poussière et caoutchouc
la faiblesse abolie tout va se perdre

jeudi 1 octobre 2015

la voie sous les ombres





à même les maisons

la voie le chemin


ce qui s’en distingue c’est flou

ouverte à la nuée la terre


ou comment l’haleine des banyans

se faufile dans l’œil comme un feu


on marche de caillou en caillou

illusoire plate colline


sans savoir qu’on traverse l’océan

sans répit de regards


tous partis pour de plus vraies tâches

pour ce qu’affecte leur temps aveugle


nul ne s’en veut c’est la ville qui se bat

pour qu’un moment se trouve l’harmonie


on sait rien qu’on en pense juste entendre

les cris dans les nuages d’un chemin qui passe


un chemin déjà vieux à même les maisons

à même les maisons sa voie de chemin








mardi 29 septembre 2015

Tombeau de Mouhot





le livre posé sur la pierre
comme un angle au coin d’une rue

sous couvert de combien d’arbres
a-t-il fallu couper de baisers
cachés dans l’air par des esprits

vous souvenez-vous par exemple mademoiselle
ou vous autre ou toute autre part
que l’oublié de cent trente ans ne vous a pas oubliées

enfin dans l’air ne sait ce que cache l’air
de mentir à la mémoire c’est toujours comme
cela que la vie se glisse dans la vie

bientôt plus rien ne se saura
de la pierre posée sous le livre
où le temps se reprendra
de ses mains fort voilées
comme un angle au coin d'une rue




mercredi 23 septembre 2015

lundi 7 septembre 2015

Hanoï (géomancie)




à l'instant je pars sous un labyrinthe à tant de noms
qui n'est jamais le même selon les bateaux
les routes maritimes volent aussi sur la terre
et comme des mendiantes s'allongent dans les rues

je crois que des artères creusées pour aller droit aux âmes
méritent de descendre de la chambre aux lumières
elles se disperseront bientôt devant le souffle tiède
du fleuve et de la mer qui le soir se délient

car dans leur chair languide les rues sont empruntées
par le cortège d'eau rouge de millions de fidèles
oublie-t-on la calme tempête au cœur nonchalant qui se serre
je ne sais pas mais se damner c'est se bannir de sa ville

car même si elle est en ruine la maison frappe ses murs
aux portes du ciel et cette paix qui descend
force à rester debout dans la moisson du souvenir
une cité qui ne dit rien n'a jamais vu le jour

samedi 5 septembre 2015

Saorge 6




in memoriam Henri Michaux

je crois quand l'heure vient que l'Asie se fout bien
de quelques mots sinueux pas assez autant qu'elle

c'est un pays de nuit où j'ai posé mes pieds
là où elle bouge bien en dessous des yeux
là où elle remue on ne part jamais trop tard
c'est juste une aventure c'est tout pour le regard


Saorge 5




toujours au creux des mots la perle jaune
mais on dit bien des faussetés sur qui nous vient aux yeux

des fumeurs chinois aux lianes annamites
on dérape dans la boue à gros dos motorbikes
pendant que la guerre gronde pour des îles carburants

 

vendredi 4 septembre 2015

Le tigre




 à Apichatpong Weerasethakul


le nom qui ne se dit pas qui est étrange qui est d'accent
c'est tout le monde là-bas

ces marches perdues ces cœurs sans vie
comme un ongle qui luit le fauve et la forêt

on refuse d'autres mots à ce qui n'est pas enfui
de cette manière encore la nuit se fait de cuivre

de ces chairs abandonnées à une histoire mal maudite
à pas de loups sans doute notre guerre s'en revient

où à l'âge d'homme sans doute encore les arbres nous épient
et ne peuvent rien dire qu'un tigre disparu
demain nous reviendrons et ne saurons plus rien


jeudi 3 septembre 2015

Saorge 4

 


Bateau-peuple

souviennent cet océan de peu de vie
il mange ce que doit c'est ce monde à renaître
où les mots qui ne se parlent plus
portent aux yeux leurs premières traces

avant de partir on fait toujours des signes
et la miséricorde sait bien ne pas savoir

 

mercredi 2 septembre 2015

Saorge 3




Hanoï aux Alpes
aux environs de l'orage
sans doute une question d'électricité
de fils serrés de volets qui soupirent

Hanoï après tout je suis là pour ça
je suis sous son toit

 

Saorge 2




le robinet gronde
le silence en cascade
je comprends très bien ce que veut dire
le diable est partout

 

Saorge




c'est un peu comme un train fantôme
on joue à être le prisonnier
d'un monde qui n'existe pas

 

mardi 25 août 2015

tendres sur le ventre...





tendres sur le ventre
cordes ongles d’anges
allongés de nuit parce que
c’est de pluie noire que vit la jetée

j’aurais aimé mordre les flots
mais quand un cœur vient sous forme d’écailles
il faut pour s’embarquer tant de sang
que la mort prend ses pieds où lui semble

une lune secerète au long des joues
dures à demi comme la pierre ici

lundi 24 août 2015

Sans titre




j'ai peur comme cette montagne qui ne se voit pas
riche d'alpinistes où ses versants
coulent dans l'ombre

à leurs bords leurs mots
brûlent dans la glace et saluent l'océan

j'ai peur et je n'ai pas de nom
au moins parce que les rêves
se lèvent pour vous tout le temps
au moins j'ai peur mais je suis là
montagne qui ne se voit pas

dimanche 9 août 2015

les ombres restent dans la ruelle...





les ombres restent dans la ruelle
pour elles monter jusqu’au vieux temple
c’est une chose d’une autre vie

la pluie griffe au dedans les corps
aux âmes des mains grasses voudraient parler

mais quelle est cette langue perdue
qui en d’autres temps courait dans la ville

il faudrait pour la dire abattre les rues
cela s’est déjà fait elles ont repoussé

c’est ainsi que les ombres ne parlent pas
que la pluie les effrite
et que le vieux temple dort

dimanche 26 juillet 2015

Un homme qui s'endort sur la route...




          Un homme qui s’endort sur la route, là où sont passés les blindés, les canons, les batteries tirées ou poussées par des hommes et leurs bêtes, les pièces détachées des armes ainsi que les ustensiles du matériel d’intendance portés sur des bicyclettes, là où circulent les taxis et les autocars, là où repasseront tôt ou tard les soldats. 

Un certain homme endormi sur une route est mon fantôme...





            Un certain homme endormi sur une route est mon fantôme.
         Comme la jeune femme qui me traite de menteur avec l’affront de la sincérité est mon personnage, mon fantôme.
            Ce qui n’a pas ou n’a plus de nom cherche à en trouver un en moi. Qui est-ce ? ou plutôt « où est-ce ? »
            C’est un lieu fait de rues, d’ailleurs j’ai toujours vu des lieux faits de rues.
            Je suis peut-être un homme qui dort sur une route de montagne avant de rejoindre une ville, ou bien après en être sorti.
            Ma ville, comme toute ville, est striée de rues. Les rues où j’aime me rendre (peut-être aussi les rues où je vis) sont étroites et désertes la nuit.
            Je ne vis pas dans un quartier animé. Ou bien ce quartier n'est pas celui où je vis. Dans ce cas il se peut que mon travail m'oblige à m'y rendre lorsque plus rien n'y subsiste de l'activité du jour. 

vendredi 24 juillet 2015

frappe la gorge...





frappe la gorge
qui se noue du dedans
vers au dehors
qui n'existe pas
pas assez peut-être

reviennent les bruits...





reviennent les bruits
en ombre sous la fenêtre
morte pour tout sauf
les bruits reviennent

entendre tout

jeudi 9 juillet 2015

elle sort faire son tour...





elle sort faire son tour
comme la fumée sous les murailles
rien ne la voit ses coudes serrés
sont les regards sans têtes
qui la protègent l’hiver
descend mais ne revient pas

la manière du vent tire tout à elle
ses épaules partent au ciel
ceux qui la voient n’existent plus
dans les yeux creux les vergetures
de la terre un souffle se ferme
elle sort faire son tour

jeudi 25 juin 2015

Extrait 12





les bateaux sur le fleuve fier et plastifié
qui ne fait plus peur que la peur dévore
les bateaux s’en vont s’accouder
le comptoir de la montagne ne cesse de renifler

pour ne pas pleurer une eau fébrile
de partir mourir dans les bouteilles
et les cheminées bien loin en bas

les bateaux s’en vont voir des milliers de Bouddhas
l'autre monde au fond de l'océan que cela ne changerait pas

mercredi 24 juin 2015

Urgence : poésie !

Puisqu'on a voulu faire taire la poésie à Lodève et dans ses environs, le collectif Sauvons les Voix va la faire ressurgir du 16 au 19 juillet. J'en ferai partie. Tout le programme ci-dessous. Au plaisir !