jeudi 26 février 2015

Note 18






Recueil de choses  à venir
dans le sourire de l’ascenseur

une aire de glace
où nicher un rapace

Note 17






Sur la joue rien
quelques cheveux la pierre
se reflète au marbre salé
dockers genoux sous les bras
les nappes qu’ils regardent
pétrole arc-en-ciel
de qui n’a rien sur la joue
rien

jeudi 19 février 2015

Porche





Pour quel porche cette peur
pourquoi vouloir entrer
quand la rue n’a pas de fin
cette foule seule qui regarde le trottoir
le cœur broyé sorti de la gare

ils s’en iront tous jusqu’à la mort du temps
mais aux immeubles pourtant
la peur comme une carte
de visite et la montée
aux étages en perte blanche
sur les murs les tapis
rient se taisent et taisent leurs noms

mardi 17 février 2015

Close









Le creux bercé de l’océan
au fond du puits ça
a dû faire longtemps
mais les yeux bercés ne voient pas le temps

ne rien peuvent dire sans un mot
des années ou des bétonnières
qui sur la plage tournent au soleil

verser dans l’assiette une mélodie
la gorge serrée mais
ici n’est pas vraiment ailleurs
le savoir ne ferme rien
des trous dans la terre

ils mènent à l’océan
et l’échappée le souvenir
se retrouvent chaque année
mais rien ne se pêche plus par ici

il faudrait pouvoir partir
ce qui serait traîtrise bien loin
et comme toute traîtrise
malpropre

mieux vaut l’assiette
et ses bulles sous le soleil

si la vue grignotée le permettait
de voir de tout cœur on verrait
ces gens qui jouent sur la plage
mais des corps allongés c’est tout

tous attendent nus
sans trop le savoir


mardi 10 février 2015

Note 16




La voix parle creux
si bien que tomber
c'est lui parler

Note 15




On ne parle pas de la maison
cette maison qui vit dans la ville
baignée comme une maladie
de chaleur et de battements
réguliers doux profonds et je t'en fous
la maison dont on ne parle pas
que tout le monde jalouse
habitée par le diable

Ouste !




La Féroce Marquise nous offre sa conspiration pour 2015, le 23ème numéro de Ouste, revue où on créé et où on exagère. Je suis dedans, en compagnie de gens très très biens.
Pour la commander c'est par ici.



lundi 9 février 2015

Note 14





Les démons qui nous ont emportés
n’avaient pas le même nom
loin de là
chacun au secret de chacun de nous

nous ont emportés dans leurs ailleurs
à eux

Note 13





En face
la plupart du temps
les fantômes
en face

Il est bon de les voir ailleurs

vendredi 6 février 2015

Note 12





Un lac parfois sur les murs de la ville
et la gorge coupée le nageur
cherche son sang dans l’eau noire
pleine de vie

jeudi 5 février 2015

Note 11




Mais par quelle manière cette nuit
se serre la gorge nul ne sait

Notes 10




Sur le lit serrer sur son coeur
la moitié blanchie d'un temps mort
sur le plafond tout le reste.

La moitié, c'est beaucoup dire.


Note 9




Les corps de ces choses au loin
ne palpitent pas ne vivent pas
mais regardent sans attendre
à jamais ouverts
les yeux de ces choses

mais sans un regard juste là
leurs peaux qu'on ne connaît pas
les corps de ces choses au loin

Note 8




Un animal commande les jours
la manière dont les ombres
jouent passent sur les paliers
comment il n'y a plus rien souvent

le jour s'amenuise pour être un caillou
dents cassées les heures coulent
on mange l'animal
sans doute sans savoir

ce monde se repeint
des couleurs de la chasse
le gris le dispute aux lèvres
et pale un corps se déploie
comme une algue dans la main du soldat

Note 7




Le vent couché comment savoir
le matériau des êtres
qui n'ont pas de noms

ils sont des moments
on ne les voit pas sur les trottoirs
ils sont là comme des chiens
leurs yeux brûlent et le poison de leur pelage

ils ne construisent rien
mais entre leurs dents des choses
à porter plus loin
là où les rues se ferment
le matériau des êtres
comment savoir le vent couché
le brouillard

mercredi 4 février 2015

Note 6




Quand les horaires de l'autre monde
ne servent qu'à nourrir un jetlag d'enfer
il est temps de consulter les cartes sans fin
qui par définition n'existent pas

Note 5




Souvent la mémoire d'un bus ou d'un tram
qu'on n'a jamais pris
qui pourtant est bien là
autour de nous

Note 4





Les craintes les plus féroces
baignées des regrets les plus poisseux
quelles étranges mains rongées
nous avons là

Note 3




Pauvre arbre que va tuer le vent
si cela continuait autrement
la ville serait délivrée une sainte
parmi les barbares étendrait les mains

Note 2




Inlassable ça passe
par des mots qu'on ne trouve plus
et d'ailleurs qu'on ne cherche plus

Note 1




Trembler se fait doux qui s'enfuit
en soupirant comme la ville
il n'y aurait plus un seul être vivant
ce serait beau alors de longer les rues
comment faire demain ils renaîtront
pendant qu'un peu moins vivant
le jour ira d'un point à un autre
sans s'arrêter vraiment
mais si lentement

Diable






C’est un être d’Orient dit-on
mais toutes les falaises de l’Ouest
le sentent le craignent le connaissent

Quand il monte à leur flanc
gris de paille et le souffle dense

L’écume est sa sœur
présente en chaque mot
tous n’entendent que les flots
mais il se peut qu’elle murmure
c’est sûr même des phrases sans fin
où revenir ne se fait pas sans peur de mort

dimanche 1 février 2015

Glasgow





S’échapper sans miroirs
juste l’escalier
moins que ce qui était
annoncé

sous les pieds la bière
enfle la moquette
au loin la lande
regarde au loin
prisonnière du temps
qui ne sait que dire
dans aucune langue

Etretat





Sous la terre les dimanches
les falaises plates
saturées de griffures
elles remontent
les hauts-fonds sous leurs peaux

un visage froissé
le mot doux sans vie
lambeau devant la nuit
attend la berceuse sourde
des murailles

Liège





La ville sur la colline
son escalier
pour y monter défier
le creux gris des chaussures
en bas sans fin
si n’était la rivière le ciel

dit juste oubliez
marches vous-mêmes
et oubliez