mardi 27 octobre 2015

L'eau





L’eau


il y a ce fleuve
qui longe le barrage
et reflète boire les bêtes
sous le crachin droit d’un avion

vertical dans le ciel
le vertige trop net
le vertige sans couleur
qui n’est pas un vertige
qui est un rêve
comme on dit parce qu’on ne sait rien

*
**

il y a dans les yeux
le regard aux bords déchirés
la toile demain ce verre bu
et le miroir ne recule jamais

quand il faut partir
dans la baignoire les heures
portent leurs couleurs éparses
leur plumage sans vie pourtant
le mur ne voit pas autrement

*
**

il y a le poumon dur
le soupir dans les côtes
et le bain trop mal pris
il y a revoir des rochers
le tremblement des galets

mais ce n’est pas l’incendie
qui se tend devant les joues
qu’on revoit ce n’est qu’un orphelin
c’est très froid partout
c’est la plupart du sol
les jambes salement inattendues


*
**

il y a quand même un ou deux deltas
et ces îles qui sont des milliers

il faut s’attendre à remonter
l’écume comme si fantômes les villages
brillaient dans un coeur mort

la forêt n’existera plus
et c’est comme une eau folle
que fatigue déjà la folie

elle partira  voir ailleurs
quels mots parlent sous leurs peaux
invisibles qui pointent du  regard
les bêtes aux yeux clos du fleuve

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