samedi 17 octobre 2015

Stèle (extrait)






sans fenêtres ni portes ni murs leur maison
là où ils lui ont fait savoir qu’elle s’endormait

puis dans leur montagne elle a pris plaisir
pour la première fois au gout de la poussière

tout est sable ici comme si un fleuve
au mince corps jaune l’attendait en bas

les bêtes viennent voir le travail des frères
ils creusent la montagne et la remplissent de temps mort

quant à elle elle se laisse fondre
en deux comme la stèle qu’elle est devenue

elle refuse de croire ceux qui ne la voient pas
elle est chaque mot de la forêt comme elle est chaque rue

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