lundi 30 novembre 2015

qu'est-ce que l'offense




qu'est-ce que l'offense
et qu'est-ce que la peau serrée

entre deux mains des dents grises
sous l'église on poussait des cailloux
la vie en face c'est
comme les cimetières
même petit ça n'a pas de fin

depuis on crache aux fantômes
ce que leurs doigts veulent
la malédiction la gorge rouge

qu'est-ce que l'offense
commencée depuis toujours
j'ai pris une brique
l'ai glissée dans tes yeux
et suis parti boire

aux maîtres les dents grises
à moi sous la pluie
les miennes brillent


Thanks to Paddy : http://paddys-wagon.blogspot.fr/

vendredi 27 novembre 2015

qu'est-ce qu'appartenir





qu'est-ce qu'appartenir
sans être la route un pays
sans être descend la colline

sans être ce pays n'est pas
sans être on croise des pas pourtant

de ces pieds on a fait de la terre
ces pieds sont là comme la terre s'effondre
d'un point à l'autre voir c'est ramper

mais rien n'appartient que l'horizon
sous les yeux c'est comme tomber
la boue mange et le seul bruit
c'est tomber sans être au loin tomber

jeudi 26 novembre 2015

qu’est-ce que les vagues recouvrent






qu’est-ce que les vagues recouvrent

de la voiture ils sont descendus
pour aller voir se glisser dans l’eau
ne plus sentir le ciel

il n’y avait rien ici
le temps jouait
à se faire peur solitaire
mais ils sont arrivés après avoir été là

venus retrouver leur plage inconnue
partis dans le courant sceller leurs images

ce que les vagues recouvrent
ils n’en ont jamais rien su
et tout le monde le sait

ce qui recouvre les vagues
n’aura rien été
que leur regard

mercredi 25 novembre 2015

qu’est-ce que les stands morts de Clignancourt






qu’est-ce que les stands morts de Clignancourt
se porter comme un escalier vivant
et immobile en même temps ne rien voir
que des flashs d’après-midi tordus
où la pluie cerveau
hébété sur la ville

devant les stands morts de Clignancourt
une ombre ou deux et surtout des panneaux
avec des prix et puis juste
après les joueurs à la sauvette

l’argent est la mémoire des jours qui n’en ont pas
comme la chance fantôme et vouloir être ailleurs
et être toujours là

mercredi 11 novembre 2015

qu'est-ce que cette ville sans bruit





qu’est-ce que cette ville sans bruit
celle qui n’a plus de murs
parle en mots ensablés de l’eau
ses buildings s’ignorent
les uns les autres on voit des pasteurs
sortir et ne jamais entrer nulle part

on dit qu’en d’autres noms
on a vendu la ville
à ce cercueil pris dans la musique
ou à tout autre enfant qui remontait le fleuve

on dit des choses contre le vent
un exorcisme qui s’en va
seul ce cœur muet myope timide
penché sur les canaux
reste là pour le dire

qu'est-ce qu'une ligne aveugle





qu’est-ce qu’une ligne aveugle
qui sort du tunnel et regarde sans se voir
des collines cachées et des murs si noirs
les forêts comme les rats fondent le paysage

aveugle car vraiment rien ne se distingue
pour tout le monde après tout
des côtes et des poumons de la ville
des rivages et des volcans

on passe et dans la forêt se trouve une ligne
une autre qui voit qu'on ne verra jamais

lundi 9 novembre 2015

qu'est-ce qu'une voix qu'on entend toujours





qu’est-ce qu’une voix qu’on entend toujours
si ce n’est une lumière c’est un poing serré

se ravir au jour se fait entre les deux yeux
sous les actions conjuguées du bruit et du silence

inlassables et le souvenir a beau se déchirer
des pas se posent sur le sol et des clous

sur la route se reflète comme une forêt
qui ne dit pas la vérité mais parle et parlera sans cesse

samedi 7 novembre 2015

qu'est-ce que vouloir





qu’est-ce que vouloir
cette mémoire se plie en deux
comme il y a beaucoup d’ombres
on ne sait pas où est le miroir

pourtant sous le chemin le fleuve
qui sort de son lit que nul ne voit

caché par la terre ce qui doit partir s’en va
il doit exister un phare là-bas

avant de goûter l’océan
le fleuve s'allongera sous la lampe

mercredi 4 novembre 2015

qu'est-ce que regretter





qu’est-ce que regretter
c’est un autre monde qui n’a jamais eu cours

à peine née la rougeur dans les veines
comme gâchée par des gestes oubliés
avant même d’être vécus

mais les voix partent elles sont là mais se cachent
juste on les entrevoit comme des vies antérieures
pourtant elles sont de ce monde elles ne sont pas loin

de ce monde qui a toujours été autre
de ce monde qui n'a jamais eu cours