mardi 31 mai 2016

Dyptique sans lieu





Un souffle sous la montagne,
un de ces squales
qui nagent dans les pierres.

Sur l'autre montant des vitres,
des loups.

La forêt clignote à la manière des yeux, 
des oiseaux piquent la cime des arbres.

On regarde la route, on ne dit plus un mot.

*
**

Des pavillons entourés de pelouses,
des habitants qui s'arrêtent
au pas de leur porte.

Les barrières attirent 
le blanc glacé des nuages
et tout brûle
sans qu'on ne sente rien.

Le porche d'une maison nous dévisage,
nous dit : tout ce qui est derrière lui
n'est pas pour nous.
Ni lits tièdes, ni armoires emplies de nourriture
et de draps.

Cette maison est la soeur jumelle
de la nôtre.
Mais une voix enrouée,
rouge,
nous appelle dans le jardin.




Image : Blow-up, Michelangelo Antonioni

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