mardi 24 mai 2016

Sans lieu





La route rejoint les collines
pour s'enfoncer dans la forêt.

Le long des bandes blanches
des voitures nous dépassent,
klaxonnent pour effrayer les bêtes.

On les voit, avec leurs yeux qui luisent,
leurs fourrures.
Leurs voies sont aiguës,
ce sont des murènes.

*
**

Nos mains sur le bord de la baignoire,
cheveux dans l'eau et vêtements à terre,
sur eux des taches, des bijoux,
des branches piquantes, des étoiles.

Dans les draps l'araignée comme sa toile,
où rien ne peut atteindre,
ni sel, ni eau,
dans cet asile baigné de sueur,
aux flancs de la raie manta,
des poissons-pilotes dans le noir.

Les visages nous picotent,
leurs lèvres vernies,
leurs rides de sable
et leurs dents creusées
quand ils sourient.

Nous dormons de toutes nos forces
pour ne pas nous réveiller.






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