dimanche 19 février 2017

Paysage du jour 10




Condamnés à revivre toujours les mêmes instants

où apparaissent qui reviennent,
juste des images animées

qui s'arrêtent et reprennent
aux mêmes points,

les mêmes, tous, ils s'ignorent
les uns les autres
(mais leurs peaux se touchent,
sèches et lumineuses),

collés sur le paysage comme sur du papier,

ce paysage qui brûle ou se dissout,
qui s'éloigne en tous cas
avant de se reformer, au loin,

ils ne changent jamais d'expression,

des images envoyées par les jours,
collées sur tous les murs des instants.


Il doit bien exister comme une grande salle
et un miroir noir,
vide, sauf les chaises et les tables.

On ne lui demande que cela.


vendredi 10 février 2017

Paysage du jour 9





Quand nous sommes rentrés
de cette belle journée passée à voir
nos ombres disparaître,

loin de nos amis qui nous suivaient
sur l’autoroute noire et liquide,

nous avons beaucoup parlé
de la vie à venir
qui était la nôtre.

Depuis, la vie à venir
a peut-être pris le chemin
de la voiture de nos amis,
sur l’autoroute noire et liquide.

Je ne sais pas comment dire autrement
que nous nous sommes perdus.

Tout ce dont nous avons parlé est resté dans ta voiture
et je ne sais pas dans quel monde elle peut vivre aujourd'hui.


Laëtita Giraud, "Dance the night away"