mercredi 31 mai 2017

Paysage du jour 22




"Regardez-les dans le lointain ne comprenant pas leurs destinées comme nous ne comprenons pas les nôtres."
Jack Spicer



Longue vallée, plage de feuilles. 
La colline se ferme
sur une nuque, une pierre de rêve.

Au gué qui s'élève
loin de la rivière
le vouloir des bêtes
à plumes, fusains, et la lèvre blanchie
sur quelques mots manquants et toujours entendus.

La promenade se clôt et s'enlève,
se perd, dans son dos le chemin pourtant.
Longue vallée, plage de feuilles.




mardi 30 mai 2017

Paysage du jour 21




Rivière venue de la ville,
je ne t'ai pas vue, au début.

Juste jetées en toi,
dans le silence et le noir,

les bouteilles et les empreintes digitales,
avec  elles,

de cette jeunesse dont on parle
tant qu'elle n'existe en rien,

et se fait des yeux de déesse,
au loin.




samedi 27 mai 2017

Le 23 juin, rendez-vous avec mon éditeur et néanmoins ami.


Jean de Breyne et Martina Kramer

 

Ont le plaisir de vous inviter à
la rencontre /lecture dans le jardin
En compagnie de
Guillaume Boppe, poète
et
Michel Foissier, éditeur
Et autour d’une table de livres
Un auteur et son éditeur

Le Vendredi 23 juin, de 19h à 20h30
                                                                                           Rue du moulin à vent. 84400 Rustrel
Réservation obligatoire : ollave@orange.fr et 04 90 04 97 58
Participation, 4 euros déductibles sur achat de livres
Entrée libre jusqu’à 19 ans



jeudi 25 mai 2017

Paysage du jour 20




Là où tout ne disparaît,
en façades le verre
du double vitrage contient tant de noms
qu'il est obligé de tout laver,
de se séparer, pour porter en lui,
chair dans un manteau,
des existences et des éclats
qui leur viennent et qu'elles abandonnent.

Dans la rue l'ombre vient
et monte, main ouverte.
Là où tout ne disparaît
le verre contient tant de noms.


David Hepher, Camberwell nocturne, 1984


Paysage du jour 19




Les taches le long des bras
sont la fenêtre ouverte la nuit
pour laisser le froid entrer.
Le matin le soleil brûle la table
où les coudes se sont posés
pour partir sans y penser,
pour revenir, durs et tièdes.

Les bras sur la table devraient rester là
et se rappeler la nuit froide,
muette et sans taches,
mais ils ne le peuvent pas :
ils restent là, oui, ailleurs.


Mark Rothko, Untitled, 1964

samedi 20 mai 2017

Paysage du jour 18




Les ventaux de la ville,
sur le versant de l'air froid,
dans le vallon de ronces
le manteau sans corps de la forme,
qui est là, ne guette pas
mais sans voir, regarde.

De quel vieux quartier s'agit-il,
ou dans quelle chair alourdie
se prononcent les pas,
comme un humus au refus de parler
sous les arcs échancrés de bois sombre,
ce qui pousse son haleine repart de loin.

Vraiment on ne mérite pas grand-chose
de ces souffles redits,
alors qu'on passe sans la deviner la porte,
les murs s'allongent et ce qui peut dedans
tenir apparence et se servir de rigueur
ne porte pas plus de nom que d'ombre
et survole tout à l'intérieur des bruits.

Sans même fuir pouvoir on appréhende
l'armure de la ville et dans ses veines
l'encombrant réseau logé dans la chaleur,
et ce jardin dans ce cloître
a beau battre, il ne parle pas
tandis qu'au-dehors ne se sent
rien, ni ce qui passe ni disparait.
On regarde, on nous regarde,
il se peut, mais à genoux, à hauteur d'herbe,
il n'y a qu'à suivre la carapace
de cette peau artificielle dont tout est fait
pour espérer, continuer, nul savoir.