samedi 20 mai 2017

Paysage du jour 18




Les ventaux de la ville,
sur le versant de l'air froid,
dans le vallon de ronces
le manteau sans corps de la forme,
qui est là, ne guette pas
mais sans voir, regarde.

De quel vieux quartier s'agit-il,
ou dans quelle chair alourdie
se prononcent les pas,
comme un humus au refus de parler
sous les arcs échancrés de bois sombre,
ce qui pousse son haleine repart de loin.

Vraiment on ne mérite pas grand-chose
de ces souffles redits,
alors qu'on passe sans la deviner la porte,
les murs s'allongent et ce qui peut dedans
tenir apparence et se servir de rigueur
ne porte pas plus de nom que d'ombre
et survole tout à l'intérieur des bruits.

Sans même fuir pouvoir on appréhende
l'armure de la ville et dans ses veines
l'encombrant réseau logé dans la chaleur,
et ce jardin dans ce cloître
a beau battre, il ne parle pas
tandis qu'au-dehors ne se sent
rien, ni ce qui passe ni disparait.
On regarde, on nous regarde,
il se peut, mais à genoux, à hauteur d'herbe,
il n'y a qu'à suivre la carapace
de cette peau artificielle dont tout est fait
pour espérer, continuer, nul savoir.





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