mardi 8 août 2017

Poème revenu 4




Pour porter ces années il a fallu des cous
pas tous misérables et pour certains sous la lame
capables de saigner en regardant là-bas
la marmaille qui brille et joue et les pluies de juillet
 
Mais ces années sont tombées sur la maison d'arrêt
sur le dos de la rue s'étend un corps nu
c'est un monde étrange qui entre par les portes
et les maisons s'affolent à voir cette gorge rouge

A mesure qu'ils reviennent les géants portent des noms
qui ne sont plus les mêmes et restent à découvrir
ce que les sourires cachent qui n'existe sans doute
que dans des mots mal lus et des songes de spectres
 
Les propagandes immortelles comme au cinéma
parcourent la terre et s'en viennent pleurer
sur les épaules des jours les désœuvrés en rêvent
et puis on s'en revient au voyage sans voir
 
Dans la prison presque nue des pantins d'une pièce
ne peuvent pas bouger car leur fin est obscène
mais dans leur vie fausse ils ne voient pas passer 
les touristes et l'ennui et le sang qui circule




 Maison centrale, Hanoï

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