jeudi 30 novembre 2017

Paysage du jour 47



  
Yeux noir corbeau
cerclés de blanc
pattes sur le rebord
de la fenêtre la poussière
au-dessus en mesure
tire sur les plantes des balcons

A une autre fenêtre un train
qui passe rouge devant
la ville ouverte soleil
rampe et caresse
le dos des ombres 



Jim Jarmusch - Mistery train

mercredi 29 novembre 2017

Paysage du jour 46




Parler tout bas
souffle perdu
sous les porches

Sur les lèvres
entre elles
dans le noir
sort des veines
repart forme vide
aux côtés

Souffle perdu
caché par les murs
et les portes cachées

tandis que dans les murs
des portes au-dessus
souffle perdu
parler tout bas




Oeuvre : Jérémy Liron

Paysage du jour 45




Robe soudaine
un cri ce que la rue
fait pour être rue

La ville ne regarde pas
de pierre sa vie
humaine quand elle veut
la quitte

Pas oubliés souvenirs par
d'autres autour les oiseaux
regardent l'horizon

de mosaïque vers les cœurs
battant des terrasses
coule et son sourire
ou soudaine sa robe




Photo : Aaron Okada

jeudi 23 novembre 2017

Paysage du jour 44



 
ville à deux étages                    les voitures glissent                    la pente éclairée

mots par les vitres                    ces cris murmures de loin           le retour sur la terrasse

sous le sol une main                 ce qui creuse ne parle                 on attend la frontière

dans une ville il n’y a               quoi bouches fermées                le nom du premier étang

perdu dans une voiture             le passager tente                        de sortir le conducteur

la boue semble tout résoudre    les mots essoufflés                   mon cœur a parlé dit l’étang

l’autre n’a pas peur                   ses mots viendront                     les voitures tournent

le périphérique n’est pas loin    et les sorties multiples               infinies en quelque sorte




Photo : Ambroise Tézenas
 

dimanche 19 novembre 2017

Paysage du jour 43




Sur la table les choses
éparses, repas fini,
le soir par les côtés
dans la cuisine.

La porte se regarde,
entend un chant.

Le jardin ne se voit plus,
sous le haut plafond
les manteaux à reprendre.

Des pas comme on peut,
de toutes façons descendre.
Escalier comme image,
toucher, ne pas croire.

Dans quelle maison la force,
rumeurs, voix,

une rue en bas,
des milliers par ici.

Loin des étages
silences, ombres,
les voitures,
chaleur et tôle.

Endormis aux volants,
arrêtés au milieu,
muets fuyants.

Une porte à passer,
essence restée là, brume
au sol flou brille.

Dans les poches
les poitrines creusées,
la marche.

Sur la  table les choses
éparses, repas fini.



Image : Abbas Kiarostami

lundi 13 novembre 2017

Paysage du jour 42




Sur la ligne du trottoir
froissé de battements
les jambes frissonnent

le mur encage l'université
son jardin au soir

au soir vivant au-dehors
de ses clignotements ces retours
dans le calme des paupières
la chaleur des empreintes

mais nul ne s'arrête la promenade est sans fin
sur la ligne toutes ces lignes qui bougent



 Luc Tuymans

Paysage du jour 41




A la porte du musée monte une colline
jusque là venue par-dessous les autoroutes

l'ombre est lointaine
le soleil parle
il faut se porter vers la maison
dans le soir la vie dans le sang


Par le balcon la ville noire
du jour passé
fait un autre jour




mardi 7 novembre 2017

Paysage du jour 40



 
rien à envier                                        les heures dans leurs gorges

rien à revoir                                        tomber l’oiseau sait le faire

rien à tuer                                           puis contre la peau serrer

rien à redire                                         les mots le sable mouillé

rien à sourire                                       n’a pas de noms qu’une seconde

rien à revendre                                    la tristesse porte belle

rien à prendre                                      les vitrines crissent

rien à revivre                                       de papier cristal



Oeuvre : Aiko Tezuka
 

lundi 6 novembre 2017

Paysage du jour 39



 
on dit que sur ce boulevard
le mur de l’université
se colle à la joue

quand le tramway se retourne
et voit des gants
des gens sortir
des magasins  sur
le trottoir droit
devant eux sans rien
à parler que cette pensée

qui est à personne
ne s’appelle pas

il faut alors cet abri de pierre
pour le visage
et ce sang de poussière
qui y coule tous les travaux
de la ville en même temps commencent

nul n’existe plus que les machines
et les hommes qui creusent la terre
plus fort que toute avenue
et cet avenir qui ment
langue pendante




Federico Garcia Lorca