mardi 12 décembre 2017

Quatre poèmes pour la nuit, l'avenue de la Couronne




1-
Si les mains jointes des lumières regardent en-bas
les angles des maisons, sans sourires et sans mots,
le goudron des jardins, les yeux noirs de l'école,
plus loin le drap où se cacher peut-être,
c'est que les mains jointes soufflent sans bruit vers qui passe.

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2-
Si les phares ne tournent pas en longeant les façades,
les boutiques fermées où regardent les visages,
les trottoirs et les graines de pluie qui brillent et les mangent,
les animaux cachés et les gens qui se mêlent,
c'est que les phares vont au bout et marchent sans rien dire.

*
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3-
Si le retour au jardin ne se fera que demain,
les voix dans les poches et les doigts sur les tempes,
un pas après l'autre sans en voir davantage,
que les allées qui se forment si on regarde bien,
c'est que le retour au jardin appartient au soleil, petit et seul.

*
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4-
Si l'avenue se porte bien au-delà
de la maison qui attend, ses mains sur ses genoux,
des escaliers, de leur poussière, de la rambarde qui tombe,
des voisins qui vont et viennent comme dans un labyrinthe,
c'est que l'avenue change de nom, là-bas, et qu'elle ne le sait pas.





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