dimanche 21 janvier 2018

Notes Ozu 2



 
Depuis la rivière,
la ville dissoute,
perdue.

Dissoute comment,
quoi c’est autre chose
sans importance,

la question
comme tout
n’est pas là.



La ville dissoute,
la ville revue,
la ville à venir,

sans aucune autre
possible
que différente.

De toutes façons immanquable
ou bien le périphérique,
le doux retour,
la brusquerie.



Les statues parlent
sur les berges
de sable les cours

fermées, quittées,
aperçues de loin
en loin.

Les couples aussi
parlent, alors
que le silence,
l’espace et ses fins



se serre aux coins
qui seuls restent
sans mal.

Les autres parlent,
comme on dit déchirent
la nuit, feraient mieux

de manger leurs mains,
comme on dit mais ne sont plus
enfants mais bien pires.




Il n’y a plus que la butte,
le point de buter,
le silence qui compte.

Compte comment,
quoi c’est autre chose.
Compte pour toujours,

c’est tout pour cela
que cela compte.
Derrière la pierre tombale



du cinéaste il y a le cinéaste
qui regarde tout en n’étant pas là,
ce qui est un métier

quand il est bien fait la pierre tombale n’est pas ici,
à la différence du cinéaste,
seulement ce qu’il voit

est invisible désormais,
bien que n’ayant pas changé.
Le silence advient ici



plus ou moins, question de survie,
mais qui le comprend
ne peut plus être ici.

Impossible silence ou ailleurs
le silence la ville
s’en va

au gré de la rivière
il est bien possible
qu’il s’agisse du temps,



la ville et non la rivière,
en inversant les rôles
on est derrière une caméra.

Il y a toujours le silence derrière la caméra,
tandis qu’on tourne
et quitte la ville,

dissoute dans le bruit du moteur,
comment sinon, par la descente,
la confiance



de soi dans le moteur,
ce qui bouge, recule,
s’éloigne de la ville.

Panoramique sur le silence.
Il faut le silence
pour pouvoir tourner.

Personne n’attend la sortie du film
mais certains le voient déjà,
l’oublient (à tout penser est impossible).



Profiter de ces rives
où il n’y a pas de ville,
où guetter le qui-vive

se fait dans le silence.
Le bruit du moteur, lui-même,
est dans le silence.

au bout d’un moment
dans le plancher dissous
le zinc, la tôle du bateau.






 

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