mercredi 3 janvier 2018

Trois poèmes pour la Tour du Japon




1-
Il faut quitter l'avenue pour
de petites rues où ne réside personne.

Les yeux qui se posent
sur les façades salées
par le vent ici depuis toujours,

les longues vitres blanches,
les mains serrées sur la poussière
dans chaque poche, pas vraiment là,

tout tombé en graviers
et eau grise
au pied de la Tour du Japon.


*
**

2-
Entre la haute grille et l'avenue
un morceau d'air tranché, invisible,
attend sans le vouloir
que quelqu'un le reconnaisse.

Personne ne l'entend sur le trottoir,
sur la chair noire des feuilles,
les yeux laiteux des voitures.

Il reste là, de la rouille
craquelée au creux des doigts,
adossé ou pendu, contre la grille
qui, du regard, sans cesse,
mange la Tour du Japon.


*
**

3-
Tous les pas qu'on fait pour revenir,
même s'ils ne se voient pas laissent
des mots ou d'autres sons,
des choses de dire juste en-dessous,
sur la chaussée droite et bleue
et sous le gris miroir de l'air.

Il n'y a pour voir cela 
que le silence derrière soi
et le murmure à la poitrine
boisée de la Tour du Japon.




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