mardi 24 avril 2018

Samedi 28 avril, galerie Plateforme


Le samedi 28 avril le compositeur Denis Frajerman propose une mise en
musique de mon dernier livre à la galerie Plateforme, à Paris, en
compagnie de David Fenech, Justine Schaeffer et Carole Deville.
Tous les détails ici.
Au plaisir de vous y retrouver nombreuses et nombreux !





samedi 14 avril 2018

Pour préparer le 17 avril - 5



Dévêts la terre de ses défaites et habille-la de sa gloire !

Défais la terre de ses habits et dévêts-la de sa gloire !

Glorifie la terre de ses habits et dévêts-la de sa défaite !

Habille les défaites de sa terre et dévêts la de la gloire !




mardi 10 avril 2018

Notes Ozu 3


     
Nous sommes particulièrement repartis,
sans grand soleil ni autre
astre, chacun
ne sait rien, marche
cependant. Le sol
semble pauvre, posé là,
pourtant vit toujours,
peut-être car la vie
à son ventre ne prend pas.

La rue finie
d’être vue et les passants finis
de même, comme des verres,
nous sommes repartis particulièrement.

Tout se fait en secret dans l’esprit,
pas à pas, sans heurt
sauf les images : ce jour qui part aussi
fut un cinéaste.

Yasujiro Ozu : "Printemps tardif"

Pour préparer le 17 avril - 4




Change le peuple s’il pense mal !
Pense le peuple s’il change mal !
Pense le change s’il peuple mal !
Peuple le change s’il pense mal !


https://www.zoanima.fr/event/details/lecture-guillaume-boppe/



mercredi 4 avril 2018

Poème en forme de name dropping


Je me suis souvenu d'une phrase de quelqu'un sur Sade, de ce genre : "Quand  je pense à Sade, j'ai le sentiment que ma vie n'a pas de limites". 
J'ai l'impression que c'est Annie Le Brun qui a dit ça. Dans tous les cas cette déclaration - approximative sous ma plume pour cause de mauvaise mémoire, son auteur approximatif aussi et pour la même raison -, cette déclaration me permet de vivre sans limites.



On sort simplement et on ferme la porte
sans réfléchir. Et quand on regarde
ce qu'on a fait
il est trop tard. Si ça a l'air
de résumer une vie, je veux bien.

Raymond Carver, Où l'eau s'unit avec l'eau


Pour Marjory et Max, sweet, so sweet name-dropping,




In memoriam Jean-Pierre Martinet


Complice rouge et noirci du temps,
petit commerce usé au coin de la rue,
mieux vaut ne pas sortir alors

qui sait dans les voitures à demi garées,
pales, qui parle ?

On ne fait pas toujours ce qu’on entend,
pas souvent, même, et vulgaires
les remarques dans les yeux
préfèrent se fermer que le jour
descendre à la ville.

Les pas se posent, immobiles,
la radio passe la météo marine ;
le double fond est assuré,
pied à pied cloué.

Raymond Carver



Pour préparer le 17 avril - 3


     
Remplis ton ventre de pus plutôt que de poésie !
Remplis ta poésie de pus plutôt que de ventre !
Remplis ton pus de poésie plutôt que de ventre !
Plutôt ta poésie de pus que remplie de ventre !


https://www.zoanima.fr/event/details/lecture-guillaume-boppe/


Bonnie Aarons dans Mulholland drive de David Lynch

lundi 2 avril 2018

Paris



Rouge le long du couloir,
les mains seules sur les murs,
le regard comme un ventre
à bout et sans parler
des jambes, de laine pourrie dessous.

Qui va chez toi te connaît,
a peur de toi,
veut dormir dans tes bras
et chante, c’est possible,
dans sa tête comme ailleurs.

David Lynch, Blue velvet

Pour préparer le 17 avril - 2


Détruis l’ennemi visible, et aussi celui qui est invisible, l’ennemi dans ta vie mentale ! 
Détruis l’ennemi mental, et aussi celui qui est invisible, l’ennemi dans ta vie visible !
Détruis l’ennemi dans ta vie, et aussi celui qui est visible, l’ennemi mental invisible !
Détruis la vie dans ton ennemi, et aussi celui qui est mental, l'ennemi visible invisible !





dimanche 1 avril 2018

Paysage du jour 53





Seine, circa 1992



Toute autre chose qui ne se rappelle pas,
le pas de côté, droit
déchaussé au bord
du fleuve, sa salive triste,
sale, indifférente.

Toute autre chose qui pose son dos sous le pont,
attend le téléfilm de passage ;
seule une pluie pourrait sauver le fleuve,
dans ses mains qui tremblent
le reflet, le delta sans fond.

Toute autre chose qui reprend son tunnel,
n’oublie rien en chemin mais
dans les ombres baissées les grains
de caoutchouc et une lampe cachée
ou partie mais là pour la prochaine fois.

Toute autre chose mais la division du jour,
ce qui à tout détective demeure impossible,
une langue traduite mais que personne
ne parle, pendant des heures
un fleuve a froid et brille.