mercredi 4 avril 2018

Poème en forme de name dropping


Je me suis souvenu d'une phrase de quelqu'un sur Sade, de ce genre : "Quand  je pense à Sade, j'ai le sentiment que ma vie n'a pas de limites". 
J'ai l'impression que c'est Annie Le Brun qui a dit ça. Dans tous les cas cette déclaration - approximative sous ma plume pour cause de mauvaise mémoire, son auteur approximatif aussi et pour la même raison -, cette déclaration me permet de vivre sans limites.



On sort simplement et on ferme la porte
sans réfléchir. Et quand on regarde
ce qu'on a fait
il est trop tard. Si ça a l'air
de résumer une vie, je veux bien.

Raymond Carver, Où l'eau s'unit avec l'eau


Pour Marjory et Max, sweet, so sweet name-dropping,




In memoriam Jean-Pierre Martinet


Complice rouge et noirci du temps,
petit commerce usé au coin de la rue,
mieux vaut ne pas sortir alors

qui sait dans les voitures à demi garées,
pales, qui parle ?

On ne fait pas toujours ce qu’on entend,
pas souvent, même, et vulgaires
les remarques dans les yeux
préfèrent se fermer que le jour
descendre à la ville.

Les pas se posent, immobiles,
la radio passe la météo marine ;
le double fond est assuré,
pied à pied cloué.

Raymond Carver



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