jeudi 21 juin 2018

Le son d'Anvers (dernier extrait)





crispée touristique
la carte
chiffon jusqu’à disparaître
au creux de la main pliée

au creux de la mâchoire
se rappelle       invente
qui voudrait se retrouver
avec ce qui ne parle pas  
n’a pas de nom
qu’il connaît seul



chassée de l’instant  
la carte qui trouble tout
reste au gré des chaises
posées en file

le vent regard glissé
divine science de misère
efface les êtres la magie

le haut bâtiment le soir
hautain indifférent l’orage
vient personne ne fuit



substance molle instants
à parcourir jardin
à la gare        éclairs
rentrer chez soi
le long d’un quai

un train dans
les ongles de la gare
le ballast pour faire
noir  jeter       dans ce noir
ses propres mains



détour par la rivière
sa langue creuse
son ventre étiré
comme salive

les gens se figent
entre les maisons les uns
les autres en essayant
de passer ne pas regarder

quais nets et calmes
plus rien à voir        oublier
ville accroupie

Théodore de Bry

mercredi 6 juin 2018

Le son d'Anvers (extrait, 3)





le long des canaux la ville
sans ses lumières

elles sont là pourtant
dans chaque branche
qui hiberne les arbres 
coupés de la terre 
les sentent à leurs côtés

des péniches passent
à bord des regards sûrs

le long des canaux la ville
perd ses lumières

Chantal Akerman, "News from home"